"Christine, peux-tu résumer ton itinéraire ?

- J'ai reçu une éducation chrétienne. Enfant, j'avais soif de Dieu. Vers 9ans ou 10 ans - je me souviens - j'avais écrit "je veux entrer au couvent" sur mon tableau noir. J'étais rêveuse, plutôt introvertie. J'aimais beaucoup lire, être seule, j'avais un côté un peu contemplatif. Entre 17 et 27 ans, j'ai laissé tomber toute pratique religieuse, tout en continuant de croire en Dieu. Je rêvais du prince charmant, je rêvais de l'amour absolu. Puis je suis devenue institutrice, j'ai rencontré Jean-François, et nous nous sommes mariés. Je voulais avoir des enfants, mais comme rien ne se passait, je me suis mise à prier chaque jour le "Notre Père" de façon intéressée, pour que Dieu exauce mon désir de maternité. Et c'est comme cela que Dieu m'a attrapée ! Il m'a donné bien plus que ce que je voulais. Sur les conseils de mon médecin, j'ai arrêté de travailler et j'ai enfin eu la joie d'être enceinte. Et c'est pendant ma grossesse, alors que j'attendais ma fille, que quelque chose d'autre s'est mis à germer en moi, un désir plus profond. Je suis allée communier à Pâques, puis je me suis dit qu'il fallait que je me confesse. Le sacrement de réconciliation a été le grand tournant. L'abbé Michel Kaufmann, à qui je m'étais confessée et qui est devenu mon accompagnateur spirituel, m'a tout de suite prêté des livres sur la prière et c'est comme cela que j'ai découvert l'oraison."

 

    

 "La présence de ton ouvrage Le Feu de ta Miséricorde, une mission en Eglise te présente comme une "chrétienne ordinaire". Pourtant, l'aventure que tu vis avec Dieu, en Dieu est tout à fait extraordinaire !

- Pas du tout. Nous sommes tous appelés par notre baptême à vivre cette intimité avec Dieu. Mais il est vrai que nous avons tous une vocation propre et unique. Chacun de nos chemins a donc sa coloration particulière, mais tous nos chemins vont vers le même but, qui est la plénitude en Dieu. C'est à ça qu'Il nous appelle tous. C'est pour ça qu'Il nous a créés. Et c'est pour ça que je me sens ordinaire."

"Parle-nous de la brûlure, du feu de la Miséricorde, que est le titre même de ton livre.

-Dieu brûle d'amour pour le monde et l'Eglise. C'est cela qui me brûle. Ça me fait mal et en même temps c'est...génial ! Le feu de la Miséricorde, c'est cet amour plus fort que tout, absolu, une fusion. C'est une image que j'ai eue et qui m'a beaucoup marquée : Jésus qui vient jeter le feu sur la terre. Dieu ne peut retenir sa Miséricorde, elle coule de Lui comme une eau de feu. Et moi, il y a des jours où j'ai envie d'empoigner le monde et de le tremper dans la Miséricorde !"

 

Extraits des "Propos recueillis par Gladys Théodoloz"